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Objet phobique et objet fétiche

 


Il est assez commun d'utiliser le concept de "disposition perverse polymorphe" pour désigner l'univers pulsionnel en tant que sol originaire du psychisme humain. Il est moins commun de situer la phobie, dès avant l'organisation hystérique ou obsessionnelle, au niveau de ce même dispositif pulsionnel et ainsi de la caractériser comme "disposition polymorphe". Et si, paradoxalement, le noyau phobique originel constituait la meilleure défense contre les assauts de la perversion en tant que structure logiquement constituée ? Dans ce registre polymorphe de la pulsion, le concept de "séparation" semble plus pertinent que celui de castration. En effet, il ne s'agit pas de savoir si le sujet se montre capable de surmonter un certain nombre de contradictions, d'assumer une division constituante, mais seulement s'il peut mettre à distance, se prémunir d'un univers imprévisible où tout est possible, tout peut arriver, y compris et surtout l'absurde intégral. Une peluche familière adorable - comme dans le film "Gremlins" - va se changer en monstre sans crier gare, tyranniser avec la dernière cruauté l'enfant qu'il semblait jusqu'alors protéger. Nous sommes ici dans l'imaginaire à l'état pur, où se succèdent arbitrairement le bien et le mal, l'amour et la haine, le rire et la peur, la tendresse et la terreur. L'univers polymorphe de la pulsion est celui de l'inceste prescrit, annoncé, prophétisé - nullement interdit. Mais à la différence de la perversion proprement dite ou de structure, la disposition perverse/phobique implique à terme la culpabilité et fait accéder par ce biais, par ce recul imposé, au lien symbolique. Le fait de s'abandonner au non-sens expressionniste de la pulsion est vécu comme une faute, qui engendre la séparation. Lorsque, plus tard, la phobie est constituée autour d'un ou plusieurs objets invariants, ceux-ci fonctionnent comme des signaux où se repère le sujet, qui défend sa castration (même si c'est dans la terreur), là où inversement le pervers s'en défend grâce au fétiche.

Les différents types de névroses

 

La famille Freud...


La névrose obsessionnelle

La névrose obsessionnelle, la plus redoutable, situe le symp­tôme en lieu et place du Père symbolique. Confondre la Loi, donc, avec les tortures et les contorsions morales dont il s’agit dans l’obsession paraît en effet particulièrement grave. Comme en toute névrose, la loi se présente sous forme d’un impératif, et plus exactement comme obligation. L’obsessionnel est quelqu’un qui passe son temps à s’obliger à respecter tel ou tel rituel quotidien, à exécuter telle ou telle besogne particulièrement fastidieuse, à réaliser des exploits invraisemblables dont il est le seul à savoir les mérites... etc. La Loi est donc interprétée comme ce gendarme, comme ce père sévère (sur-moi) qui surveille en permanence imaginairement le névrosé.

L’on peut donc supposer que l’obsessionnel a quelque chose à se repro­cher inconsciemment, et que ce comportement étrange résulte d’un profond sentiment de culpabilité qu’il tente, par son symptôme (ces con­traintes, ces compulsions), de conjurer (il y a aussi tout un aspect superstitieux dans l’obsession). Culpabilité que nous avons appris à situer au niveau de l’Œdipe, naturellement. Quant aux rapports qu’entretient l’obsessionnel avec le père imagi­naire (survalorisé), ils sont marqués en général par une terrible crainte de décevoir, qui explique du reste cet arsenal de con­traintes. Ce qui arrête ce névrosé face à son désir, c’est l’image du père trop présente, qui lui a en quelque sorte depuis toujours volé son désir. La seule chose qu’attend l’obsessionnel pour « enfin vivre », c’est la mort du père. D’où cette véritable obsession de la mort, vécue par l’obsessionnel sous un mode encore des plus culpabilisant. (cf. « L’homme aux rats », Freud)