Pierre Molinier, La poupée, 1970
La théorie lacanienne du signifiant, qui conduit notamment à un dépassement de l'Œdipe, présente la chaîne inconsciente comme un système quadripartite. Lacan le rappelle dans son "Kant avec Sade" : « Une structure quadripartite est depuis l'inconscient toujours exigible dans la construction d'une ordonnance subjective », et des commentateurs comme Alain Juranville (Lacan et la philosophie, 1984) y ont particulièrement insisté. Ceci est fondamental si l'on veut saisir les différentes structures psychiques comme étant effectivement articulées entre elles, ce qui implique de faire droit à la perversion et à la sublimation comme deux entités à part entière, même si elles paraissent également problématiques aux yeux de nombreux auteurs. Dans l'optique freudienne, la perversion fut d'abord pensée comme le "négatif" de la névrose ; aujourd'hui encore, elle n'est pas toujours clairement identifiée comme structure autonome, étant d'une part au fondement de tout désir humain et d'autre part présente sous forme de "traits" à la fois dans la névrose et la psychose. Quant à la sublimation, sa théorie semble avortée au motif qu'elle ne serait qu'une forme plus "élevée" de la névrose, ou bien qu'elle resterait marginale au regard justement de la névrose considérée comme structure de référence, en quelque sorte, dans l’ordre du malaise humain. Quoi qu'il en soit l'existence finie d'un sujet repose sur une identification unique, essentiellement imaginaire, déterminée par une place et une fonction occupées sur la chaîne signifiante, laquelle représente l'ensemble des relations de désir possibles entre sujets.


