Défier est indéniablement une action, mais c'est surtout un dire, bref : une énonciation performative. En outre, défier revient à provoquer l'Autre et appelle une réaction de sa part (c'est un "comportatif") : dans le défi, je m'affirme et je l'affirme à l'Autre, contre l'Autre. En réalité, à l'envers du respect, on défie toujours une loi. Le pervers - et singulièrement Don Juan - illustre parfaitement cette figure du défi. Il se reconnaît précisément au carrefour du désir et de la loi, de la jouissance et de l'interdit, de la clinique et de l'éthique puisqu'en effet son symptôme est de causer le mal en promettant le bien. Comme tout pervers il ne se contente pas de transgresser la loi ; par le défi il donne à voir à l'autre cette transgression. A la limite le pervers se fait complice de cette loi qui l'obsède. Il devient son propre juriste, son propre théoricien, soucieux de défendre le bien-fondé de ses actes. Comme ce fondement ne saurait être la loi, qu'il récuse, il ne reste plus que l'acte lui-même pour justifier l'acte, une performation auto-suffisante, absurde et répétitive. Ajoutons que le pervers, loin d'éprouver une quelconque culpabilité, se veut l'être le plus innocent du monde…














